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Questions de calendrier (suite)

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dimanche 1er juin 2014, par Jean-Claude Cohen


Notre dernier édito déplorait que la succession d’échéances électorales rapprochées constituait un frein à l’engagement, par les élus et les techniciens de l’Etat comme des collectivités territoriales, de réflexions de long terme.

Au sortir des échéances électorales des municipales puis des européennes, on doit reconnaître que le calendrier électoral n’est pas le seul à perturber le rythme de l’activité économique, tout particulièrement dans les services publics : le calendrier tout court, avec la succession de jours fériés et de "ponts" qui se transforment généralement en viaducs, ne simplifie pas l’organisation d’activités qui peuvent impliquer plusieurs acteurs locaux.

Si l’on prend le calendrier de 2014, la épriode du 21 avril (lundi de Pâques) au 9 juin (lundi de Pentecôte) ne comptait pas moins de 5 jours fériés, dont 3 jeudis. Certes, les vendredis suivant les jeudis fériés étaient supposés ouvrés, mais en pratique, mieux valait ne pas proposer de date de réunion de travail, fût ce par téléconférence, pendant ces fins de semaines à rallonge, du jeudi au dimanche, au risque d’avoir de nombreux absents.

Au total, 28 jours effectifs de travail effectifau lieu de 35 sur une période de 7 semaines, soit quasiment une semaine et demie de travail perdue sur 7.

Si l’on ajoute qu’arrivés au mois de juin, on voit poindre les vacances d’été, on se voit fréquemment répondre qu’il ne reste, en pratique, passé le lundi de Pentecôte, que 5 à 6 semaines effectives pour faire tout le travail qu’on n’a pas pu faire avant, on peut imaginer que le rythme de travail s’apparente à une succession de périodes de tensions très intenses, entre des périodes de semi-vacances ou de congés réels.

On ne va pas refaire ici le débat des jours fériés, des commémorations et autres fêtes religieuses, mais il faut reconnaître que le mois de mai est toujours problématique, et que, par exemple, le report à une autre période de l’année du jour férié du 8 mai améliorerait déjà les choses.

A cet égard, une enquête du cabinet Mercer, conduite en 2011, et rapportée par le Figaro dans un article fin avril, montrait que la France n’était pas la "mieux" dotée en jours fériés et jours de congés payés, avec 36 jours par an, à parité avec le Royaume Uni, l’Espagne ou la Suède, mais avec des pratiques différentes (les jours fériés peuvent être déduits des congés en Grande Bretagne), et plus dotée que l’Allemagne, le Japon, l’Italie ou les USA, comme le montre le graphique ci-dessus.

Calendrier électoral, calendrier tout court, rythmes scolaires, etc... Décidément, il y a pléthore de questions qui touchent au temps et à la façon dont on l’utilise, et les réponses données ne sont pas forcément toujours cohérentes : ce qui satisfait l’industrie touristique n’est pas forcément bon pour l’élève ni pour la fluidité de la circulation automobile, pour ne prendre que cet exemple. En d’auitres termes, difficile ici de satisfaire tout le monde.. !!!!

Et si on se remettait au travail ???