Métamorphose balte...

Estonie la Free Vox

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samedi 21 juin 2008, par veille

Découverte d’une république Balte très « high tech », prise en étau entre l’Union Européenne à laquelle elle adhère en 2004 et le voisin Russe qui garde toujours un œil sur ses anciennes possessions.

L’histoire de l’Estonie est d’ailleurs très marquée par la domination slave mais aussi scandinave (Danemark & Suède) Aujourd’hui les cyber-réformes opérées depuis l’accession à l’indépendance, font l’objet de nombreux commentaires, pour la plupart élogieux. Les délégations étrangères se pressent sur les bords de la Baltique pour partager ce savoir-faire.

Mais les Estoniens savent par expérience que rien n‘est définitivement acquis, puisque ce qu’ils avaient conquis une première fois le 24 février 1918 fut perdu en août 1939, avec le pacte germano-soviétique.


Salut aux couleurs….

Un petit détour par l’ambassade d’Estonie, vitrine de la République Balte, s’impose .

Les informations sur le développement vertigineux d’Internet sont regroupées dans la rubrique e-estonie.

On y notera ce paragraphe : « L’Estonie partage ses expériences de e-gouvernance avec d’autres pays. L’Académie de e-gouvernance, E-riigi Akadeemia, a formé à ce jour plus de 500 participants originaires de 32 pays, dont par exemple l’Afghanistan, l’Albanie, Andorre, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, le Canada, la Croatie, Cuba, la Géorgie, l’Inde, le Kazakhstan, le Kosovo, le Kirghizstan, la Macédoine, la Moldavie, la Mongolie, la Namibie, le Sénégal, la Serbie et le Monténégro, le Sri Lanka, la Roumanie et le Tadjikistan »

http://www.est-emb.fr/estonie/it

Le virtuel c’est du concret

« The e-Governance Academy (eGA) is a non-governmental, non-profit organisation, founded for the creation and transfer of knowledge concerning e-governance, e-democracy and the development of civil society.

We see it as our mission to train and advise leaders and stakeholders in using information and communication technology (ICT) to increase government efficiency and to improve democratic processes with the aim of building open information societies.

eGA implements that mission through research, training, consultancy and networking. The e-Government Academy was started as a joint initiative of the Government of Estonia, the Open Society Institute (OSI) and the Regional Support Centre of the United Nations Development Programme (UNDP). Officially founded in December 2002, activities started well before that time - already in the end of May of 2002, the first training and study visit was organised for top civil servants and parliamentarians from Kyrgyztan, Azerbaijan and Tajikistan. »

http://www.ega.ee/en/eGAabout

C’est le Moyen Age !

« L’Institut Estonien a été fondé en 1989. Plus tard, quand l’Institut est devenu une association à but non lucratif et qu’il a fallu le faire enregistrer en tant que telle, une erreur s’est glissée dans le registre : pour date de fondation de l’Institut Estonien l’on a inscrit 1199, comme si celui-ci avait déjà existé en Estonie au moment de l’arrivée des premiers Croisés en Livonie. L’erreur a, bien sûr, été corrigée, mais cette anecdote permet d’affirmer (sans trop de sérieux) que l’Institut Estonien est la seule institution assurant la continuité de l’ancienne indépendance des Estes.

Lors de la création de l’Institut Estonien, on s’est inspiré du modèle des organisations ayant assuré avec succès, depuis des décennies, la promotion et la diffusion de la culture de leurs pays, telles le British Council, l’Institut Suédois, l’Institut Danois, l’Institut Goethe.

L’Institut Estonien considère comme culture tout ce que les hommes font ou ne font pas, le travail quotidien de l’Institut ne se limite pas à faire connaître le cinéma, la littérature, les beaux-arts ou autres domaines artistiques, mais consiste également à diffuser des informations sur l’enseignement, l’économie, l’organisation sociale... »

http://www.estonie.info/index.html

De la fibre patriotique à la fibre optique…

"Nous avons pris l’habitude de nous rendre physiquement à la banque qu’en cas de gros soucis et cela depuis plusieurs années déjà.", confirme Anneli Kavald, chargée de mission à l’Institut Estonien en France.

Le pays est particulièrement salué, pour son utilisation des NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication ) dans l’éducation. Toutes les écoles et les bibliothèques sont ainsi connectées à Internet grâce au projet « Tiger Leap » associant partenaires publics et privés. Grâce à ce « saut du tigre », 2/3 des enfants âgés de 6 à 14 ans surfent aujourd’hui sur Internet.

La législation suit la même voie et le Parlement estonien a garanti l’accès à Internet comme un droit constitutionnel. Le Gouvernement a adopté en août 2000 la stratégie du « zéro papier ». Tous les conseils des ministres se font ainsi en réseau et, même à l’étranger, l’ensemble des membres peuvent y participer. Les citoyens ont la possibilité de suivre en temps réel l’évolution du budget de l’État. Le « X-road project » ou « voie principale » a, quant à lui, été développé pour exploiter une architecture-réseau globale permettant à un usager d’utiliser les bases de données du gouvernement sans l’aide d’un tiers afin de faciliter les procédures administratives.

Enfin, l’État a introduit la signature digitale. Légalisée et praticable, elle est programmée dans les cartes d’identité à puce introduites depuis 2002. S’ils peuvent déjà remplir leur déclaration en ligne, les Estoniens seront à priori les premiers au monde à pouvoir voter par Internet en 2005.

Géographiquement proche des pays du nord de l’Europe, l’Estonie a reçu de la Finlande, de la Suède ou de la Norvège d’importants investissements accompagnés d’une expertise en informatique déjà avérée. »

L’Estonie, terre sainte du high-tech Par Grégory Gendre 15/04/2004

http://www.europeplusnet.info/article189.html

L’Estonie n’est pas un tigre de papier

Depuis 2000, le pays consacre 1% de son budget au développement du secteur internet , soit 200 millions de couronnes (12.500.000 euros) : l’équivalent du budget consacré à la culture en France.

Aujourd’hui, la quasi-totalité des fonctionnaires du secteur public (95%) disposent d’un ordinateur connecté à Internet et près de la moitié des habitants possède un téléphone portable.

L’Estonie est enfin l’un des premier pays à s’être doté d’un système de surveillance des frontières totalement fondé sur Internet.

Un laboratoire idéal pour ses voisins

Ce pays affiche le chiffre étonnant de 43 % d’internautes. L’importance de ce taux de connexion s’explique en partie par la situation géographique de l’Estonie qui a bénéficié de la proximité des voisins suédois et finlandais : leurs entreprises ont investi en masse dans le territoire au début des années 1990, au moment des privatisations. Avec ses 45 000 km2, l’Estonie leur offrait la superficie idéale pour tester leurs technologies sur un petit territoire, ce qui a permis en un temps record le développement d’une infrastructure de télécommunications fixe et mobile presque plus moderne que celles de ses voisins scandinaves.

Pour en savoir plus : http://www.tiigrihype.ee/eng/sihtasutus/eesma rgid.html Estonie : le bond Internet du tigre balte

Article publié sur le site édité par l’Agence pour le développement de l’administration électronique (ADAE) Posté le 11 décembre 2004

http://www.a-brest.net/article1086.html

Ne dites plus « A voté »…

"L’Estonie vote par Internet pour les élections municipales Cette semaine et pour la première fois, l’ensemble du pays peut, en théorie du moins, voter en ligne aux élections municipales.

En cas de succès, le parlement estonien pourrait décider d’étendre ce dispositif aux élections législatives prévues en mars 2007 [en Estonie, le choix du président de la République appartient au Parlement, NDLR]. Le vote en ligne a déjà été utilisé de manière concluante en janvier 2005 à Tallin, la capitale du pays.

Cette fois-ci, les élections municipales se dérouleront en deux temps. Depuis lundi 10 octobre et jusqu’au mercredi 12 octobre, les citoyens qui le souhaitent peuvent voter par Internet. Le vote physique pour le reste du corps électoral aura lieu dimanche 16 octobre.

Une carte d’identité électronique adoptée par deux tiers de la population.

Pour voter en ligne, chaque électeur a besoin d’une carte d’identité électronique, d’un lecteur de carte à puce, mais aussi et surtout d’un code d’accès, inhérent à chaque carte, renseigné dans le cadre d’une signature électronique. « Sur une population de 1,3 million d’habitants, le nombre de cartes d’identité électroniques actuellement en circulation est de 847 506 [soit près des deux tiers de la population totale du pays, NDLR] », explique Ulle Madise, membre du comité e-vote au Parlement estonien.

En pratique, les électeurs pourront voter depuis leur domicile, depuis leur bureau, ou à partir d’un lieu public, en se connectant à un site Internet sécurisé. La participation aux élections locales est traditionnellement assez faible. Mais sur les 33 % d’électeurs qui s’apprêtent à aller voter, un tiers semblait disposé à voter par Internet. Dans les faits, seuls 18 056 Estoniens ont à ce jour activé l’option signature électronique de leur carte d’identité.

Pour le volet « sécurité », qui constitue toujours l’une des incertitudes majeures du vote en ligne, « du recours à la cryptographie à la collaboration d’experts indépendants, tout a été prévu », assure Tarvi Martens, qui supervise l’ensemble des opérations techniques. Selon Ulle Madise, la solution de vote retenue ne permet en aucun cas de voter deux fois. Et le secret du vote est protégé. Celui-ci est crypté et dépouillé anonymement devant des membres de la commission électorale. L’ensemble de ce dispositif, au final peu onéreux pour les finances publiques, ne dépasserait pas les 200 000 euros pour l’ensemble du pays. » (Source Philippe Crouzillacq , 01net., le 12/10/2005 )

http://www.01net.com/editorial/291788/l-estonie-vote-par-internet-pour-les-elections-municipales/

….mais dites : « A Cliqué »

« Entre craintes pour la sécurité et espoirs d’une abstention amoindrie, l’Estonie a offert à ses citoyens, ce week-end, l’occasion de désigner leurs députés sur Internet. Une première mondiale.

Le système, qui autorisait un choix en ligne jusqu’au 28 février, permettait ensuite aux électeurs de corriger une éventuelle erreur en se présentant, le jour de l’élection, dans un bureau de vote pour déposer un bulletin dans l’urne. Au total, plus de 30 000 Estoniens ont procédé à l’élection par voie électronique, soit un peu plus de 3% des électeurs.

L’Estonie tend à s’imposer comme un pays pionnier en matière d’usage des nouvelles technologies, une volonté de développement exprimée au lendemain de son indépendance, en 1991. Plus de huit citoyens sur dix y déclarent leurs impôts en ligne, les Estoniens peuvent accéder à Internet sans fil depuis la presque totalité du territoire ou payer le stationnement de leurs véhicules par téléphone mobile.

Au-delà du progrès technologique que représente le vote en ligne, et de son effet potentiel sur la baisse de l’abstention, il convient de relever deux limites à ce type d’initiatives.

-D’une part, le recours à Internet dans le choix d’un élu participe de la désacralisation du vote. L’acte citoyen ne repose pas seulement sur la simple désignation d’un homme ou d’un parti mais sur un ensemble de règles formelles qui entourent le suffrage. Le passage par l’isoloir, le mode de dépôt de l’enveloppe dans l’urne sont des exemples du caractère sacré que doit revêtir l’élection pour qu’elle conserve toute sa gravité et son importance.

-D’autre part, il est légitime de s’interroger sur la sécurité et l’anonymat entourant le vote par Internet. L’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) était chargée de surveiller le bon déroulement des opérations. Son bilan fournira quelques éléments permettant de savoir si le procédé est aussi sûr que l’affirment les autorités estoniennes qui s’appuient sur le succès de banques en ligne pour défendre le système électoral : pourquoi craindre pour un e-vote quand on gère son argent online sans peur ? » (Source Édition du 05/03/2007 - par Vincent Delfau )

http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-l-estonie-inaugure-le-vote-par-internet-22257.html

Bons Baisers de Russie

Le conflit larvé qui oppose Moscou et Tallinn s’étend sur Internet, à tel point que cette cyber-guerre sera au menu du sommet UE-Russie. Deux banques, des journaux, de nombreux sites gouvernementaux ou de partis politiques : les dégâts sont lourds en Estonie depuis le début de la cyber -guerre que se livrent Tallin et Moscou. Internet et les infrastructures informatiques sont en effet devenus des champs de bataille où se reflète la crise diplomatique entre les deux pays.

Explications.

Le 27 avril dernier, l’Estonie décide de déboulonner un monument à la gloire de l’armée rouge. Plusieurs attaques informatiques, menées grâce à la tactique du déni de service (qui consiste à surcharger un serveur informatique), sont aussitôt signalées contre les sites officiels estoniens. En représailles, plusieurs sites russes semblent avoir été visés, dont le quotidien Kommersant et la radio des Echos de Moscou.

Et l’affrontement continue depuis, avec un pic atteint le 9 mai, date anniversaire de la victoire russe sur l’Allemagne nazie. Qui sont ces combattants de l’ombre qui s’affrontent à distance ? Pour l’heure, un seul pirate a été arrêté. Ce jeune estonien de 19 ans postait sur des forums les adresses des sites gouvernementaux estoniens à attaquer. D’autres attaques sont menées par des pirates grâce à des bataillons d’ordinateurs privés infectés au préalable par des virus. En Russie, un membre des Nachis, les jeunes militants pro-Poutine, a déclaré avoir participé à certaines attaques.

La main du Kremlin ?

Simples affrontements entre communautés de pirates russes et estoniens ? Certains en doutent, croyant voir la main du Kremlin derrière l’offensive, particulièrement dangereuse pour un pays aussi dépendant de l’informatique que l’Estonie. Le 30 avril, le ministre de la Justice estonien déclare, sans accuser directement le Kremlin, que la source de certaines attaques remonte directement à des ordinateurs d’institutions officielles russes.

Quelques jours plus tard, c’est au tour du ministre des Affaires étrangères de demander à Moscou des « excuses » après les cyber- attaques. Même le président estonien, Toomas Hendrik Ilves, laisse deviner qui est coupable à ses yeux : « en Europe, on n’a pas l’habitude d’organiser des cyber- attaques contre les sites des administrations d’autres pays », déclare-t-il. D’autres officiels estoniens déclarent au Guardian que le « général » de cette cyber- guerre a été identifié, en la personne d’un Russe « lié aux services de sécurité fédéraux ».

Et l’Estonie d’en appeler à l’Otan pour se défendre. Le secrétaire général de l’OTAN s’est dit « préoccupé » par les attaques et l’organisation a dépêché trois spécialistes à Tallin.

La dernière cyber- guerre de cette ampleur remonte à la guerre du Liban. Israël attaquait les sites liés au Hezbollah, tandis que des pirates anti-guerre s’en prenaient, eux, à des sites officiels israéliens ou américains. Si la preuve de l’implication de l’État russe est apportée, cette offensive deviendra le premier assaut électronique d’un pays contre un autre."

(Source Laurent Suply (lefigaro.fr) le 14/10/2007 )

http://www.lefigaro.fr/international/20070517.WWW000000416_russie_estonie_la_guerre_electronique.html

http://www.tech-faq.com/lang/fr/cyber-warfare.shtml

La réponse du berger

L’Estonie accueille le premier centre de cyberdéfense

A Tallinn, les experts de l’OTAN vont développer des instruments pour défendre le cyberespace qu’ils mettront à disposition des pays membres sous forme d’entraînement, d’analyse, de consultations. L’Estonie, dont l’économie est très dépendante d’Internet, militait depuis des années pour l’ouverture d’un tel centre. (Source : Olivier Truc 28/05/08)

http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/05/26/l-estonie-accueille-le-premier-centre-de-cyberdefense_1049705_3214.html

Il est bon de préciser que la presse observe les Pays Baltes sans indulgence, scrutant les tentations de renouer avec de vieux démons et d’occulter les zones noires du passé.

Jorge Semprun appelait à la reconnaissance mutuelle des mémoires de la Shoah et du Goulag, base d’une future mémoire européenne.

La métamorphose des pays Baltes doit s’inspirer de ce principe.

E.T.