La suppression du service national

Suite aux attentats de Janvier 2015 et la prise de conscience de la radicalisation de nombreux jeunes français, on a vu de nombreuses personnalités politiques, de droite comme de gauche, appeler de leurs voeux la remise en place du service national, ou d’un dispositif de même type, qui puisse constituer un creuset, parmi d’autres (l’école ?) dans lequel se forge l’identité et la communauté nationale.

La suppression du service national : une décision stratégique

Assez rapidement, on a réalisé que remettre en place le service national, et les infrastructures humaines et matérielles qu’il suppose, coûterait extrêmement cher : il fallait des hommes pour encadrer les jeunes conscrits, or l’armée, engagée dans de nombreux fronts extérieurs comme intérieurs - Vigipirate - aurait du recruter beaucoup plus que la vingtaine de milliers d’agents civils et militaires que le Ministère de la Défense recrute chaque année.

De plus, il aurait fallu remettre en service - et souvent rénover, remettre aux normes- de nombreuses casernes désaffectées quand elles n’ont pas été cedées à d’autres collectivités.

Ainsi, la suppression du service militaire est l’exemple type de ce que l’on définit comme une décision stratégique :

une décision qui a un caractère irréversible, ou, formulé autrement, une décision pour laquelle le "retour en arrière" coûte infiniment cher - ou plus simplement, plus cher que ce que l’on est prêts ou capables de payer".

La suppression du service national : une décision à caractère politique, prise sans réflexion prospective sur les impacts à moyen ou long terme

Nous n’étions pas, à l’époque où fut prise la décision de supprimer le service national, dans le secret des dieux...

Mais on peut se demander si Jacques Chirac aurait respecté sa promesse électorale si une réflexion prospective l’avait alors éclairé sur les impacts à moyen et long terme de cette mesure sur le lien entre l’armée et la Nation, sur l’apprentissage de certaines valeurs, sur le respect de certaines contraites et règles, sur le respect de l’autorité, sur l’emploi, etc...

Mais à l’époque, l’on voyait plus les inconvénients à court terme du service, considéré comme une perte de temps pour des jeunes impatients de rentrer sur le marché de l’emploi, que les conséquences à long terme, dans un scénario moins souriant en termes économiques.

Des mécanismes institutionnels à mettre en place ?

Certains pays, anglo-saxons et nordiques, ont inscrit dans leur fonctionnement institutionnel l’obligation de conduire une réflexion prospective pour évaluer les conséquences à long terme de décisions stratégiques de ce type.

Les eneignements que l’on pourrait tirer aujourd’hui de la décision de supprimer le service national, si on en conduisait une évaluation des impacts indirects, devraient nous conduire à des mécanismes du même type.

Mais nos institutions sont-elles capables de tirer les leçons des erreurs passées ?

On consultera avec intérêt l’étude publiée sur le site de l’IFRAP : Fondation iFRAP : Faut-il rétablir la forme militaire du service national ? (3 mars 2015) http://www.ifrap.org/etat-et-collec...


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